Francis-James Hawkins : artiste instinctif, viscéral, nécessaire

Il ne s’est jamais vraiment demandé s’il était artiste. Il l’est — comme on est vivant, comme on est passionné. Pour Francis-James Hawkins, créer n’est pas un geste choisi : c’est une urgence. Un acte de vie. Une manière de tenir debout dans le chaos. Son art, c’est un cri. Une prière païenne. Un exutoire qui fait mal parfois, mais qui libère toujours.

Il ne suit aucune règle, aucun mouvement. Il avance à l’instinct, les mains plongées dans la matière, l’intuition comme seul guide. Il peint, il découpe, il colle, il bricole des vérités avec ce que le monde rejette. Ce qui le touche devient fragment, image, tension. Il crée comme on panse une plaie.

Influencé autant par le surréalisme flamboyant de Dalí que par la douceur feinte de Bob Ross, il fabrique un langage hybride, profondément personnel. L’art brut et le trash art lui offrent un terrain de jeu et d’expression, un espace libre où les émotions les plus contradictoires peuvent coexister. C’est pendant la pandémie qu’il commence à créer des collages — perdu, désorienté, mais habité par un besoin vital de dire, de transformer, de résister.

Son travail est un territoire mouvant où le personnel croise le politique, où le social s’infiltre dans chaque geste. C’est un art féministe, frontal, chargé de dénonciation et de désir de transformation. Hawkins ne peint pas pour décorer : il peint pour bousculer, pour révéler. Chaque œuvre est une interrogation, un regard et un appel à ressentir.

Il privilégie aujourd’hui les techniques mixtes, qui lui permettent de tout mêler, de tout dire. L’huile, qu’il a longtemps utilisée, garde l’odeur d’un temps révolu. L’acrylique, plus nerveuse, épouse mieux la cadence de sa création actuelle. Il récupère des objets, des textures, des éclats de réel pour en faire des icônes du trouble et de la lumière.

Chez Francis-James Hawkins, l’humain est au centre : ses failles, ses fulgurances, ses contradictions. Il cherche moins à représenter qu’à révéler. Il offre au receveur un passage vers l’intérieur, une zone où l’émotion brute prime sur l’intellect. Et toujours, dans l’ombre de ses œuvres, perce l’humanité, cette lumière fragile, mais tenace.

Exposition Emergence de la Municipalité de Morin-Heights Municipality

Chalet Bellevue, 27, rue Bellevue, Morin-Heights

Durée : 4 jours

Public  · Tout le monde

La Municipalité de Morin-Heights présente une exposition proposée et organisée par deux artistes locales, Mesdames Audrey Bourbonnais et Sophie Chatagneau (ateliers Dit-Vers-Ti arts), qui ont invité une vingtaine d’artistes de la région à exposer avec elles.

L’objectif de cette exposition est de mettre en lumière une diversité de styles et de techniques, révélant la riche créativité d’artistes de la région encore peu exposés. L’événement vise à encourager le dialogue entre les artistes et les visiteurs, tout en créant un espace propice à l’inspiration et à l’échange.

Venez découvrir ces artistes prometteurs en exposition dans la grande salle du Chalet Bellevue du 5 au 8 juin. Le vernissage aura lieu le vendredi 6 juin, de 17h à 19h. Bienvenue à tous!

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